Loyer caution et préavis : ce que le bailleur peut retenir ou non

1 200 euros. C’est la somme moyenne qui dort sur le compte du propriétaire en guise de caution, le temps d’une location. Une somme qui cristallise bien des tensions au moment de tourner la clé pour la dernière fois. Avoir payé son loyer, respecté le préavis… et découvrir que la totalité du dépôt ne revient pas toujours aussi facilement qu’espéré.

Loyer, caution et préavis : comprendre les droits et obligations de chacun

Le loyer scelle le pacte entre deux parties : d’un côté, le droit d’occuper un logement ; de l’autre, l’obligation de régler chaque mois le montant convenu. Mais il ne s’agit pas d’un simple échange de clés contre un chèque. Le contrat de location prévoit systématiquement un dépôt de garantie, remis par le locataire au bailleur lors de la signature du bail. Dans la conversation courante, on parle souvent de « caution », même si, sur le plan juridique, cette notion renvoie à la personne tierce qui s’engage à payer si le locataire fait défaut.

Le dépôt de garantie a une vocation bien précise : protéger le propriétaire en cas de loyers non réglés, de charges impayées ou de dégradations constatées lors de l’état des lieux de sortie. Impossible pour autant de s’en emparer en invoquant de simples traces du temps. L’usure normale du bien, la fameuse vétusté, n’est jamais un motif valable. Seules les détériorations réelles, prouvées par comparaison avec l’état d’entrée, autorisent une retenue.

Le préavis vient acter la fin du contrat. Sa durée dépend du type de location (meublée ou vide), mais il marque toujours le top départ des démarches pour récupérer le dépôt. Une fois les clés rendues, le propriétaire dispose d’un délai légal : un mois s’il n’y a rien à signaler, deux mois si des dommages sont relevés.

Voici les points clés à retenir concernant le dépôt de garantie :

  • Le dépôt de garantie ne couvre que les frais justifiés, pas question d’en faire une cagnotte pour remise à neuf.
  • Le locataire est en droit d’exiger des preuves : factures, devis, photos, ou encore copie de l’état des lieux.
  • En copropriété, le bailleur peut retenir jusqu’à 20 % du dépôt en attendant la régularisation des charges, mais pas davantage.

Ce sont donc les obligations de chaque partie, cadrées par la loi et précisées dans le contrat de bail, qui déterminent le sort final du dépôt de garantie.

Jeune homme avec clés dans un couloir d

Dans quelles situations le bailleur peut-il retenir tout ou partie du dépôt de garantie, et comment se défendre en cas de litige ?

Quand vient le moment de rendre le dépôt de garantie, la prudence s’impose. Le bailleur n’a le droit de retenir une somme qu’en cas de dégradations clairement identifiées lors de l’état des lieux de sortie. Ce document, confronté à l’état des lieux d’entrée, sert de référence : la moindre différence doit s’appuyer sur des photos, devis ou factures. L’usure normale, autrement dit la vétusté, ne peut jamais être invoquée pour justifier une retenue. Les travaux liés à l’âge du logement ou à son usage courant restent à la charge du propriétaire.

Voici les situations concrètes dans lesquelles le bailleur peut retenir tout ou partie du dépôt :

  • Loyers non réglés ou charges locatives qui n’ont pas été soldées
  • Dégradations qui dépassent l’usure normale, prouvées à l’état des lieux
  • Provision sur charges en copropriété : jusqu’à 20 % du dépôt peut être conservé en attendant la régularisation
  • TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères), si cette mention figure au bail

Pour chaque retenue, le propriétaire doit fournir des justificatifs. Sans facture, ni devis, ni état des lieux détaillé, la somme gardée peut être contestée. Si le délai légal n’est pas respecté, un mois sans dégradation, deux mois sinon, le bailleur s’expose à une pénalité de 10 % du loyer hors charges par mois de retard.

En cas de désaccord, le locataire ne reste pas sans recours. Il peut envoyer une lettre recommandée, saisir la commission de conciliation, et si rien n’aboutit, porter le dossier devant le tribunal judiciaire. La grille de vétusté sert alors de référence objective pour départager usure légitime et véritable dégradation.

Récupérer son dépôt de garantie, ce n’est pas seulement une question de chance ou de bonne volonté. C’est un droit, balisé par des règles précises, et dont le respect offre à chacun la possibilité de tourner la page sereinement, sans amertume ni mauvaise surprise. Qui sait, la prochaine clé confiée ouvrira peut-être la porte d’un climat de confiance renouvelé entre locataire et propriétaire.